La Côte d’Ivoire lance une plateforme d’interopérabilité pour moderniser son administration

La Côte d’Ivoire accélère sa transformation numérique avec une plateforme d’interopérabilité innovante. Cet outil vise à fluidifier les services publics et renforcer la transparence. Le projet marque une étape clé vers une administration plus connectée et plus efficace. Il illustre aussi la volonté du pays d’atteindre l’objectif « zéro papier » d’ici 2030.

Une initiative pour moderniser l’administration publique

Le gouvernement ivoirien poursuit sa politique de modernisation des services publics. L’interconnexion des plateformes apparaît comme un levier crucial pour renforcer l’efficacité administrative.

Le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Ibrahim Kalil Konaté, a présenté, le 25 septembre à Abidjan, une plateforme d’interopérabilité de l’administration publique. Cet outil permettra un échange sécurisé et en temps réel de données entre différents systèmes d’information.

Mettre fin au fonctionnement en silos

Selon le ministre, la nouvelle plateforme doit mettre fin au travail en silo des administrations. Cette situation génère des lenteurs, des doublons et des coûts supplémentaires pour l’État et les citoyens.

L’interopérabilité vise donc à simplifier les procédures, renforcer la transparence et améliorer la qualité des services publics. Elle soutient également la stratégie numérique nationale qui ambitionne de parvenir au « zéro papier » d’ici 2030.

Une technologie inspirée de l’Estonie

La solution retenue, UXP, est développée par la société estonienne Cybernetica, connue pour ses innovations numériques. Cette technologie open source permet aux systèmes d’information de communiquer entre eux de manière fiable et sécurisée.

Concrètement, un citoyen n’aura plus besoin de fournir les mêmes documents à plusieurs administrations. Une donnée enregistrée par un service pourra être partagée automatiquement avec un autre, avec l’accord de l’usager. Ce modèle rappelle le succès de l’e-gouvernement estonien.

Une phase pilote avec douze structures publiques

La phase initiale du projet concerne douze structures clés, dont :

  • la Direction générale des impôts ;
  • l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) ;
  • la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) ;
  • la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ;
  • la Caisse générale de retraite des agents de l’État (CGRAE) ;
  • le Centre de promotion des investissements (CEPICI) ;
  • le Tribunal de commerce d’Abidjan.

Le projet est conduit par la Société nationale de développement informatique (SNDI), avec l’appui du cabinet estonien Digital Nation.

Un levier stratégique pour le Plan Côte d’Ivoire 2030

Cette initiative s’inscrit dans la vision du Plan stratégique Côte d’Ivoire 2030, qui met le numérique au service de la modernisation et de l’inclusion. La plateforme devrait réduire considérablement les délais de traitement, limiter les doublons et améliorer la confiance des citoyens dans l’administration publique. Toutefois, des défis subsistent : adoption par l’ensemble des administrations, sécurisation des données et extension à toutes les structures.

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