OpenClaw : des centaines de skills malveillantes envahissent la marketplace

L’engouement autour d’OpenClaw prend une tournure inquiétante. Des chercheurs en sécurité ont découvert des logiciels malveillants dans des centaines d’extensions proposées sur sa marketplace. La skill la plus téléchargée servait même de vecteur de distribution pour des malwares. Retour sur une faille qui expose des milliers d’utilisateurs.

Une marketplace devenue « surface d’attaque »

Jason Meller, vice-président produit chez 1Password, tire la sonnette d’alarme. Dans une publication récente, il qualifie le hub de skills d’OpenClaw de véritable « surface d’attaque ». Les extensions malveillantes se multiplient à une vitesse alarmante.

OpenSourceMalware, plateforme de surveillance des malwares open source, confirme l’ampleur du phénomène. Entre le 27 et le 29 janvier, 28 skills malveillantes ont été publiées sur ClawHub. Le bilan s’aggrave entre le 31 janvier et le 2 février avec 386 extensions supplémentaires.

Des voleurs de crypto déguisés en outils utiles

Les attaquants jouent sur les tendances du moment. Leurs skills se font passer pour des outils d’automatisation de trading de cryptomonnaies. Une fois installées, elles diffusent des malwares spécialisés dans le vol d’informations.

Le préjudice potentiel est considérable. Ces extensions malveillantes dérobent les clés API des exchanges, les clés privées des portefeuilles crypto, les identifiants SSH et les mots de passe des navigateurs. Les victimes perdent bien plus que leurs données.

Le danger caché des fichiers markdown

La menace ne se limite pas aux skills traditionnelles. Jason Meller a analysé l’une des extensions les plus populaires de ClawHub, une skill « Twitter ». Il découvre des instructions malveillantes dans un simple fichier markdown.

Le mécanisme est pernicieux. Le fichier contient des instructions pour l’utilisateur et pour l’agent IA. Il invite la victime à cliquer sur un lien. Ce lien déclenche ensuite l’exécution d’une commande qui télécharge un malware voleur de données.

Quel niveau d’accès OpenClaw peut-il avoir ?

Le problème s’aggrave avec les permissions accordées à l’agent. OpenClaw se présente comme un assistant qui « fait réellement des choses« . Il gère votre agenda, effectue vos enregistrements de vols, trie votre boîte mail.

Pour accomplir ces tâches, certains utilisateurs lui donnent un accès complet à leur appareil. L’agent peut alors lire et écrire des fichiers, exécuter des scripts, lancer des commandes shell. Ce niveau d’accès transforme chaque skill malveillante en bombe à retardement.

Les premières mesures de protection arrivent

Peter Steinberger, le créateur d’OpenClaw, réagit face à cette vague malveillante. ClawHub impose désormais des conditions plus strictes pour publier une skill. Un utilisateur doit posséder un compte GitHub âgé d’au moins une semaine.

Une nouvelle fonctionnalité de signalement fait aussi son apparition. Elle permet de dénoncer les extensions suspectes directement sur la plateforme. Ces mesures réduisent les risques mais ne les éliminent pas totalement.

La vigilance reste de mise

La marketplace conserve des failles que les attaquants continueront d’exploiter. L’injection de prompts malveillants dans des fichiers markdown illustre la créativité des pirates. Leur objectif reste le même : voler vos actifs crypto et vos identifiants.

Avant d’installer une nouvelle skill, vérifiez sa provenance. Examinez les permissions qu’elle réclame. Méfiez-vous des extensions trop populaires ou trop récentes. Sur OpenClaw comme ailleurs, la sécurité commence par la prudence de l’utilisateur.

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