Societe.com : C’est Quoi, Fiabilité, Alternatives Gratuites et Équivalents en Afrique en 2026

Societe.com est un site français qui centralise les données légales, financières et administratives de plus de 10 millions d’entreprises immatriculées en France. Numéro SIREN, adresse du siège, dirigeants, bilans déposés, procédures collectives, annonces légales : tout y est agrégé depuis des sources publiques comme l’INSEE, l’INPI et le BODACC. Depuis l’Afrique, il sert principalement à vérifier un fournisseur ou partenaire français avant de s’engager commercialement. Dans cet article, vous allez comprendre exactement ce que societe.com permet de faire (gratuitement ou non) et pourquoi sa logique ne se transpose pas directement aux marchés africains. Nous allons aussi passer en revue les meilleures alternatives gratuites en France et (point crucial), ce qui existe réellement pour vérifier une entreprise au Bénin, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et dans la zone OHADA.

Societe.com c’est quoi exactement ?

Un agrégateur de données publiques françaises

Societe.com n’est pas un registre officiel. C’est un site privé qui compile des informations issues de plusieurs bases de données publiques françaises :

  • L’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) fournit les numéros SIREN et SIRET, les codes APE, les adresses de siège social, les effectifs et les dates de création ou de fermeture. C’est la source d’identité de base de toute entreprise française.
  • L’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) alimente la base avec les statuts déposés, les actes modificatifs, les comptes annuels et les informations du Registre du Commerce et des Sociétés depuis que la loi a rendu ces données accessibles en open data.
  • Le BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales) fournit les annonces légales : ventes de fonds de commerce, modifications statutaires, procédures de redressement ou liquidation judiciaire.

Combinées, ces trois sources permettent à societe.com de proposer une fiche d’entreprise relativement complète, actualisée en continu, mais avec un délai de propagation qui peut atteindre 30 jours pour certaines modifications, notamment les procédures collectives. Ce point est important si vous cherchez à vérifier la solvabilité récente d’un partenaire.

Qui est derrière societe.com ?

Xavier NIEL, le fondateur d’Iliad (Free), avait créé Societe.com en 1999. La plateforme a depuis été revendue et son actionnariat a évolué, mais son positionnement est resté celui d’un agrégateur de données d’entreprises à destination du grand public et des professionnels.

Aujourd’hui, societe.com est édité par une société spécialisée dans l’information commerciale. La plateforme ne produit pas elle-même les données qu’elle diffuse : elle les agrège, les structure et les monétise via un modèle freemium. Les données de base restent accessibles au grand public, mais l’accès aux analyses avancées, aux rapports complets et à certains documents suppose soit une inscription gratuite, soit un abonnement payant.

Ce que societe.com contient concrètement

Sur chaque fiche entreprise, vous trouvez les informations suivantes à des degrés divers d’accessibilité :

  • Le numéro SIREN et le SIRET de l’établissement principal et des éventuels établissements secondaires. Ces identifiants sont la signature légale de toute entreprise française. En effet, ils permettent de croiser l’information avec toute autre base officielle.
  • L’adresse du siège social, la forme juridique (SARL, SAS, SA, SCI…), le code NAF qui indique le secteur d’activité, la date de création et l’état actuel de l’entreprise (en activité, en procédure collective, radiée).
  • Les dirigeants : nom, prénom et qualité (gérant, président, directeur général…). Cette information est particulièrement utile pour vérifier l’identité d’un interlocuteur commercial.
  • Les bilans et comptes annuels déposés au greffe, lorsque l’entreprise est soumise à l’obligation de publication. Depuis septembre 2024, societe.com a opéré un virage significatif : avec un simple compte gratuit (email et mot de passe), il est désormais possible d’accéder à l’ensemble des documents publics déposés. Pour la majorité des usages courants, le gratuit suffit amplement.
  • Les annonces BODACC : ventes, modifications, procédures. C’est ici que vous trouverez les signaux d’alerte sur la santé d’une entreprise.

Depuis 2025, societe.com propose également des scores extra-financiers pour des centaines de milliers d’entreprises : impact environnemental, score social et score de gouvernance. En 2026, le bilan carbone simulé est accessible gratuitement sur la fiche de nombreuses entreprises.

Societe.com est-il gratuit ou payant ?

Ce qui est vraiment gratuit

La confusion sur ce point est réelle, et elle génère une grande partie des avis négatifs. Voici ce que vous accédez sans payer et sans créer de compte :

Les informations d’identité de base (SIREN, adresse, forme juridique, code NAF, dirigeants) sont visibles directement sur la fiche publique. Pour la plupart des vérifications rapides (confirmer l’existence d’une entreprise, vérifier son adresse, identifier le dirigeant) c’est suffisant.

Les annonces légales BODACC sont accessibles gratuitement sur societe.com. Cela est utile pour suivre les événements récents d’une entreprise : cessions, modifications, procédures.

Avec un compte gratuit (inscription par email), l’accès aux documents publics déposés (bilans, statuts, actes) est désormais ouvert depuis le changement de septembre 2024. C’est un changement structurel qui a rendu societe.com beaucoup plus utilisable sans passer par la caisse.

Ce qui est payant

Les bilans détaillés, l’historique financier complet et certains rapports d’analyse restent bloqués derrière un abonnement payant ou un paiement à l’acte. Un rapport complet peut atteindre 15,48 euros TTC.

Societe.com propose des abonnements professionnels pour les utilisateurs qui font de la veille régulière, de la prospection commerciale ou de l’analyse concurrentielle à grande échelle. Ces offres incluent des alertes automatiques, des exports de données et des outils de cartographie des réseaux d’entreprises.

Le piège du Kbis sur societe.com

C’est le point où societe.com se fait le plus critiquer. Quand vous cliquez sur « Commander un extrait Kbis » sur societe.com, vous êtes redirigé vers un site tiers, pas vers la plateforme elle-même. Plusieurs utilisateurs ont signalé des prélèvements mensuels récurrents après cette démarche, sans avoir clairement consenti à un abonnement.

Pour être clair, societe.com ne délivre pas de Kbis officiel. Seul Infogreffe.fr peut le faire. Le tarif officiel pour un extrait Kbis obtenu par voie électronique via Infogreffe est de 3,33 euros TTC. Pour un retrait physique au guichet du greffe prévoyez 2,69 euros. Par courrier postal déboursez 3,97 euros. Ces tarifs sont réglementés par arrêté ministériel.

Si vous êtes dirigeant d’une entreprise française et que vous souhaitez accéder à votre propre Kbis, c’est entièrement gratuit via MonIdenum.fr.

Societe.com est-il fiable et légal ?

Sur la légalité

Oui, societe.com est parfaitement légal. Le site agrège des données publiques dont la diffusion est encadrée par la loi française. L’open data des données d’entreprise a été rendu obligatoire progressivement. En effet, la loi Macron de 2015 a exigé l’ouverture des données du Registre du Commerce et des Sociétés, et l’INPI a finalement rendu ces données accessibles via API à partir de 2020. Societe.com n’invente rien. Il rediffuse des informations que vous pourriez théoriquement trouver vous-même sur les sites officiels, mais de façon plus ergonomique.

Sur la fiabilité

La fiabilité des données sur societe.com est bonne pour l’essentiel, mais elle comporte des limites structurelles à connaître.

Les informations d’identité (SIREN, adresse, dirigeants) sont fiables à environ 95 %. Elles reflètent l’état du fichier INSEE, mis à jour en quasi-temps réel pour les créations et les modifications déclarées.

Les bilans et documents financiers sont aussi fiables que les dépôts au greffe, et pas plus. Si une entreprise n’a pas déposé ses comptes (ce qui est légalement obligatoire mais parfois non respecté), les données financières seront absentes ou obsolètes.

Le point de faiblesse le plus fréquent concerne les procédures collectives. Un redressement judiciaire ou une liquidation prononcée par le tribunal peut mettre plusieurs semaines à apparaître sur societe.com, en raison du délai de publication au BODACC puis d’ingestion dans la plateforme. Si vous êtes en train de signer un contrat commercial, ce délai peut avoir des conséquences concrètes.

Les avis utilisateurs : un signal à nuancer

Avec un score de 2,0/5 sur Trustpilot (120 avis au 10 juin 2026), societe.com n’est pas un modèle de satisfaction client. Mais il est important de comprendre ce que ces avis révèlent vraiment. Les données en elles-mêmes, issues des registres officiels, sont globalement fiables. Ce sont les pratiques commerciales qui posent problème : prélèvements non voulus après une commande de Kbis via redirection, spam post-inscription, service client difficile à joindre.

En d’autres termes, faites confiance aux données, méfiez-vous du tunnel de commande commercial.

Top 5 des alternatives gratuites à Societe.com en France

Pappers.fr : le vrai concurrent gratuit

Pappers est une plateforme française d’information légale lancée en juillet 2020 par Pierre Fruchard, Antoine Fruchard et Romain Banchetti. Elle donne accès à plus de 70 millions de documents relatifs à 3,6 millions d’entreprises françaises, gratuitement et sans inscription.

Pappers collecte les mêmes données publiques que societe.com mais les rend accessibles gratuitement et sans inscription. Vous pouvez consulter autant de documents que vous le souhaitez sans limite ni restriction, y compris les bilans, statuts et actes.

C’est le différenciateur principal. Là où societe.com demande une inscription pour accéder aux documents, Pappers les affiche directement. Pour un usage ponctuel de vérification, c’est souvent Pappers qui l’emporte en simplicité.

Les limites de Pappers sont celles de toute plateforme alimentée par les mêmes sources publiques : les données ne sont pas plus fraîches que chez ses concurrents, et les analyses avancées (scores de solvabilité, cartographie des réseaux) sont moins développées que chez societe.com.

Infogreffe.fr : la source officielle

Infogreffe est la plateforme des greffiers des tribunaux de commerce français. C’est la seule source habilitée à délivrer des extraits Kbis certifiés et opposables juridiquement. Pour toute démarche légale qui nécessite un Kbis (appel d’offres, ouverture de compte professionnel, vérification contractuelle) Infogreffe est la seule référence valable.

Le tarif pour un Kbis électronique via Infogreffe est de 3,33 euros TTC. C’est la seule source légalement opposable.

Infogreffe donne aussi accès gratuitement aux informations de base sur les entreprises (identité, dirigeants, annonces légales) sans le niveau de présentation de Societe.com ou Pappers. Pour la vérification pure, l’interface est moins agréable ; pour la valeur juridique, elle est irremplaçable.

Annuaire-Entreprises.data.gouv.fr : la donnée de l’État

C’est la plateforme publique officielle de l’État français, hébergée sur data.gouv.fr. Elle donne accès aux données SIRENE de l’INSEE (les mêmes que celles utilisées par societe.com) directement à la source, sans intermédiaire commercial. Fiabilité maximale, zéro friction commerciale, interface minimaliste. Pour une vérification rapide d’un SIRET ou d’une adresse, c’est souvent le moyen le plus direct.

Verif.com

Verif.com est un autre agrégateur de données d’entreprises françaises qui propose des informations légales et financières sur un modèle partiellement gratuit. Son point fort est sa présentation synthétique qui met en avant les signaux d’alerte (procédures, redressements) sur la fiche principale. Son modèle économique se rapproche de celui de Societe.com, avec des fonctionnalités avancées sous abonnement.

Score3

Score3 se distingue en proposant des scores de risque et de solvabilité calculés à partir des données publiques. C’est un outil utile pour la prospection commerciale ou l’évaluation de partenaires potentiels. Certaines fonctionnalités sont gratuites, d’autres réservées aux abonnés. Moins connu que Pappers ou Societe.com, il occupe un créneau plus orienté vers l’analyse de risque que la simple consultation d’information.

Tableau comparatif des plateformes

PlateformeGratuitSans inscriptionBilans accessiblesKbis officielScore risque
Societe.comPartielNonOui (compte gratuit)Non (redirection)Oui (payant)
Pappers.frOuiOuiOuiNonNon
Infogreffe.frPartielOuiNonOui (3,33€)Non
data.gouv.frOuiOuiNonNonNon
Verif.comPartielNonPartielNonPartiel
Score3PartielNonPartielNonOui

L’équivalent de Societe.com existe-t-il pour l’Afrique ?

C’est la question centrale pour quiconque travaille avec des entreprises africaines. La réponse courte est : non, il n’existe pas d’équivalent africain de societe.com accessible au grand public, complet et gratuit. Et comprendre pourquoi nécessite d’examiner comment les registres de commerce fonctionnent sur le continent.

Le problème de fond : ce que l’INSEE fait en France n’existe pas en Afrique

En France, l’INSEE centralise les données d’identité de toutes les entreprises françaises dans une base SIRENE unique, accessible via API. Cette centralisation est le résultat de décennies d’investissement public dans la digitalisation administrative. Elle est ce qui rend possible un site comme societe.com. Sans base centralisée et accessible, pas de plateforme d’agrégation possible.

En Afrique, la situation est structurellement différente. Le cadre juridique existe. L’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) réunit 17 pays membres autour d’un droit des affaires commun, dont le RCCM (Registre du Commerce et du Crédit Mobilier). Le fonctionnement du RCCM est pyramidal :

  • en bas, les RCCM locaux constituent des fichiers locaux ;
  • au milieu, un Registre National centralise les informations au niveau de chaque État ;
  • au sommet, un Registre Régional basé à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’OHADA, à Abidjan, est censé constituer le fichier régional de référence.

En théorie, ce système devrait permettre la consultation centralisée des entreprises immatriculées dans les 17 pays membres. En pratique, la grande majorité des greffes locaux n’est pas entièrement digitalisée, les données ne remontent pas de façon fiable vers les échelons supérieurs, et l’accès public en ligne reste l’exception plutôt que la règle.

Societe.com Bénin : ce qui existe vraiment

Il n’existe pas de « societe.com béninois » au sens d’une plateforme publique et complète permettant de consulter librement les données d’une entreprise enregistrée au Bénin.

Le RCCM au Bénin est le registre officiel où sont enregistrées toutes les entreprises commerçantes, artisanales ou de service. Même si les démarches sont de plus en plus informatisées via ADPME, APIEx, MonEntreprise.bj, portail justice.bj — la préparation du dossier reste exigeante et la consultation publique reste limitée.

L’APIEx (Agence de Promotion des Investissements et des Exportations) désormais InvestBenin gère certains aspects de l’enregistrement des entreprises au Bénin. Elle dispose d’un portail en ligne, mais il est essentiellement orienté vers les formalités de création plutôt que vers la consultation publique des entreprises existantes.

Concrètement, si vous voulez vérifier une entreprise béninoise (confirmer son existence légale, identifier son dirigeant, consulter ses statuts) vous devez soit vous rendre physiquement au Tribunal de Commerce de Cotonou, soit passer par un intermédiaire professionnel (cabinet juridique, service comme Legafrik ou En Ligne au Bénin) qui peut effectuer la démarche pour vous.

Ce n’est pas un problème d’accès à l’information dans l’absolu. Les données existent dans les greffes. C’est un problème de numérisation et d’ouverture de l’accès au public.

Societe.com Sénégal : le cas Seninfogreffe

Le Sénégal est l’un des pays francophones africains qui a fait le plus d’efforts en matière de digitalisation du registre de commerce. Seninfogreffe est la plateforme sénégalaise qui se rapproche le plus d’un équivalent partiel de societe.com.

Le RCCM au Sénégal a été institué par les dispositions de l’Acte uniforme OHADA portant sur le droit commercial général. L’immatriculation au RCCM permet d’acquérir une présomption de la qualité de commerçant au sens de l’Acte uniforme.

Seninfogreffe permet de consulter certaines informations sur les entreprises sénégalaises immatriculées, mais la plateforme reste incomplète et partiellement payante. Les données financières (bilans, comptes annuels) ne sont pas disponibles en accès libre comme elles le sont sur Pappers pour les entreprises françaises. La qualité de la donnée dépend largement du niveau de mise à jour des greffes locaux.

Pour une vérification sérieuse d’une entreprise sénégalaise, les praticiens recommandent de combiner Seninfogreffe avec une consultation directe auprès du greffe du Tribunal de Commerce de Dakar ou via les services de l’APIX.

Societe.com Côte d’Ivoire : le CEPICI et le Tribunal de Commerce d’Abidjan

En Côte d’Ivoire, deux entités jouent un rôle dans l’accès aux données d’entreprises.

Le CEPICI (Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire) dispose d’un portail (cepici.ci) qui donne accès à certaines informations de base sur les entreprises ivoiriennes. C’est utile pour vérifier l’existence d’une entreprise et ses informations d’identité fondamentales.

Le Tribunal de Commerce d’Abidjan héberge le fichier national du RCCM pour la Côte d’Ivoire. Par décret N°2021-582 du 6 octobre 2021, le Tribunal de Commerce a été désigné comme Fichier national du RCCM en Côte d’Ivoire. L’informatisation du RCCM y est en cours, avec pour objectif une interaction avec les procédures judiciaires ayant un impact sur les différentes inscriptions.

En pratique, vérifier une entreprise ivoirienne de façon complète (identité, dirigeants, statuts, santé financière) suppose encore un déplacement physique au greffe ou le recours à un prestataire local.

Le portail RCCM de l’OHADA : une promesse incomplète

Le portail RCCM de l’OHADA a été conçu pour permettre d’accéder aux informations légales inscrites dans le registre du commerce dans l’espace OHADA, de consulter les états financiers pour vérifier la santé financière des entreprises et de télécharger statuts et bilans. Il est mis à jour toutes les 24 heures grâce à un système de remontée des données des fichiers locaux vers le fichier national, puis vers le fichier régional basé à la CCJA.

En théorie, c’est exactement ce que l’espace OHADA aurait besoin : une plateforme centralisée, mise à jour quotidiennement, accessible en ligne. En pratique, la qualité des données disponibles varie considérablement selon les pays. Les greffes qui ont pleinement digitalisé leur système alimentent correctement le portail. Les autres (la majorité) produisent des données partielles ou obsolètes. Enfin, la plateforme n’est pas toujours accessible (502 Bad Gateway).

Les startups qui tentent de combler le vide

Plusieurs acteurs privés ont compris qu’il y a une valeur commerciale réelle à créer un équivalent africain de societe.com, et ils s’y attaquent avec des approches différentes.

La startup Legafrik propose un accompagnement à la création d’entreprise dans 13 pays africains francophones, incluant la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Maroc, le Cameroun et le Bénin. Leur blog fournit des informations utiles sur le fonctionnement du RCCM dans chaque pays, mais Legafrik est davantage un service d’accompagnement juridique qu’une plateforme de consultation d’informations d’entreprises.

Smatch.cm au Cameroun est une startup positionnée sur la mise en relation d’entreprises, avec des fiches d’entreprises accessibles en ligne. C’est un effort réel de structuration de l’information commerciale locale, mais la couverture reste incomplète.

Les startups LegalAfrika et Kytisa opèrent dans le conseil juridique et la structuration d’entreprises africaines, avec des outils de vérification d’informations légales. Ces services sont généralement payants et destinés aux professionnels plutôt qu’au grand public.

La limite commune à tous ces acteurs est structurelle. En effet, ils ne peuvent fournir que ce que les greffes leur donnent. Et quand les greffes ne partagent pas leurs données via API, la plateforme privée doit soit envoyer des gens physiquement consulter les archives, soit opérer avec des données incomplètes.

Pourquoi l’Afrique n’a pas son Societe.com ?

1. La digitalisation des greffes est incomplète

C’est la raison première. En France, le passage au numérique des greffes a été progressif, mais systématique, soutenu par un cadre légal qui en a fait une obligation et des investissements publics conséquents.

En Afrique, la situation est hétérogène. Certains greffes urbains ont commencé leur transformation numérique, mais la majorité des greffes secondaires fonctionnent encore sur registres papier ou des bases de données locales non connectées.

Sans données numérisées à la source, aucune plateforme ne peut agréger des informations fiables. C’est un problème d’infrastructure avant d’être un problème technologique.

2. L’open data n’est pas encore dans la loi

En France, la loi Macron de 2015 a expressément prévu l’ouverture des données du RCS. Cette base légale est ce qui a permis à l’INPI d’ouvrir son API et à des plateformes comme Pappers d’exister légalement.

Dans l’espace OHADA, il n’existe pas d’équivalent de cette obligation légale. Les données du RCCM sont des données publiques dans le sens où elles sont consultables au greffe, mais leur diffusion numérique massive et gratuite n’est pas explicitement protégée par les textes. Cette ambiguïté juridique freine les initiatives privées qui hésitent à diffuser des données dont le statut open data n’est pas pleinement établi.

3. Le modèle économique n’est pas résolu

En France, le système fonctionne parce que l’INSEE et l’INPI financent leurs infrastructures avec des budgets publics, et les plateformes privées comme societe.com ou Pappers monétisent l’audience et les services premium par-dessus.

En Afrique, la question est « qui finance les serveurs, le développement et la maintenance d’une plateforme nationale ou régionale si les données ne sont pas exploitées commercialement et si les États n’ont pas les budgets pour investir ? ». Le portail RCCM de l’OHADA a été partiellement développé, mais son financement et sa maintenance à long terme restent des questions ouvertes.

C’est un vrai sujet de développement. Et c’est aussi une opportunité business réelle pour les acteurs capables de résoudre simultanément le problème technique (numérisation des données), le problème juridique (cadre légal de l’open data) et le problème économique (modèle de revenus viable).

Comment utiliser Societe.com gratuitement : le guide pratique

Pour ceux qui ont besoin de vérifier une entreprise française sans payer, voici la méthode optimale en 2026.

Étape 1 : Commencez par Pappers

Pour la plupart des vérifications, Pappers est la première destination. Sans inscription, sans limite, vous accédez aux informations légales, aux dirigeants, aux bilans déposés et aux annonces légales d’une entreprise française. Tapez le nom de l’entreprise ou son SIREN dans la barre de recherche.

Étape 2 : Utilisez societe.com pour les données complémentaires

Si vous avez besoin d’informations plus détaillées (scores extra-financiers, cartographie des réseaux d’entreprises, analyse sectorielle) créez un compte gratuit sur societe.com. Depuis septembre 2024, ce compte suffit pour accéder aux documents publics déposés.

Étape 3 : Pour un Kbis certifié, allez directement sur Infogreffe

Ne passez jamais par les boutons de commande de Kbis de societe.com. Rendez-vous directement sur infogreffe.fr, payez les 3,33 euros réglementaires et téléchargez votre document certifié.

Étape 4 : Pour les données brutes de l’État, consultez data.gouv.fr

Si vous avez besoin de vérifier un SIRET ou une adresse sans filtre commercial, annuaire-entreprises.data.gouv.fr donne accès directement aux données INSEE.

Faut-il utiliser Societe.com depuis l’Afrique ?

Oui, pour vérifier un partenaire ou fournisseur français

Si vous travaillez avec des entreprises françaises (importation de produits, prestataires de services, partenaires commerciaux) societe.com ou Pappers sont des outils utiles et légitimes. Avant de signer un contrat ou d’effectuer un virement, vérifier l’existence légale de l’entreprise, l’identité de son dirigeant et l’absence de procédure collective récente est une précaution élémentaire.

La combinaison Pappers (gratuit, sans inscription) + Infogreffe si vous avez besoin d’un Kbis certifié couvre 95 % des besoins de vérification d’une entreprise française depuis l’Afrique.

Non, pour vérifier une entreprise locale africaine

Societe.com ne contient aucune donnée sur les entreprises béninoises, sénégalaises, ivoiriennes ou de tout autre pays africain. Pour cette catégorie de vérification, vous devez vous tourner vers les registres locaux (RCCM, tribunal de commerce) ou vers des prestataires spécialisés comme Legafrik ou les cabinets juridiques locaux.

C’est un écart réel qui crée un risque concret pour les entreprises africaines qui travaillent entre elles. L’absence de plateforme de vérification accessible, gratuite et fiable favorise les arnaques et complique la relation de confiance entre partenaires commerciaux africains.

Note de l’auteur : Cet article est rédigé par la rédaction de NextUltra.tech, spécialisée dans les écosystèmes numériques et entrepreneuriaux africains. La section sur les équivalents africains de societe.com s’appuie sur une connaissance directe du terrain dans la zone OHADA, notamment au Bénin, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Si vous êtes confronté à un besoin de vérification d’entreprise africaine et que vous cherchez comment procéder concrètement, n’hésitez pas à nous contacter.

Sources consultées : INSEE (base SIRENE), INPI, BODACC, Légifrance, portail RCCM OHADA (rccm.ohada.org), Tribunal de Commerce d’Abidjan, Acte uniforme OHADA sur le droit commercial général, Seninfogreffe Sénégal, APIEx Bénin.

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