Mobile money aux péages : la Zambie franchit le cap

Le mobile money transforme le quotidien de millions d’Africains. Le marché africain du mobile money pesait 951 millions de dollars en 2025 et devrait atteindre 4,3 milliards en 2034. La Zambie suit cette dynamique avec une initiative concrète. Désormais, les automobilistes paient leurs péages directement depuis leur téléphone.

Ce que la NRFA a mis en place

La National Road Fund Agency (NRFA) a introduit le paiement par mobile money sur l’ensemble des postes de péage qu’elle opère à travers le pays. Annoncée le 12 avril par le responsable des relations publiques Alphonsius Hamachila, cette réforme s’inscrit dans une stratégie de transformation numérique plus large.

En pratique, le processus reste très simple. L’agent au poste de péage saisit le numéro de téléphone du conducteur. La transaction se valide instantanément sur l’appareil du conducteur. Résultat : trois modes de paiement coexistent désormais :

  • espèces ;
  • carte E-Toll ;
  • mobile money.

Toutefois, la NRFA a précisé que cette option ne sera pas disponible aux postes de péage opérés dans le cadre de partenariats public-privé, qui conservent leurs propres systèmes.

Un terrain favorable en Zambie

Cette réforme arrive au bon moment. Le secteur des télécommunications mobiles en Zambie compte 26,2 millions d’utilisateurs actifs en 2025, contre 23,2 millions l’année précédente, avec une pénétration atteignant 127,4 abonnements pour 100 habitants.

Par ailleurs, la GSMA confirme que la Zambie figure parmi les pays africains où les femmes utilisent davantage le mobile money que les comptes bancaires traditionnels : un signal fort d’adoption large et inclusive.

Les recettes de péage sont également en forte hausse. La NRFA a collecté 4 milliards de kwachas en 2024, dépassant largement son objectif de 2,7 milliards. Le mobile money devrait renforcer encore cette tendance.

Un modèle qui inspire le continent

L’initiative zambienne s’inscrit dans un mouvement continental bien réel. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne concentre la majorité des utilisateurs de mobile money dans le monde. De plus en plus de gouvernements africains intègrent ces outils dans leurs services publics : transport, santé, agriculture.

En Zambie justement, le système d’Electronic Voucher and Input Delivery (e-VIPS) permet aux agriculteurs d’acheter des semences et engrais via mobile money, preuve que l’État expérimente depuis plusieurs années ce type d’intégration sectorielle. Finalement, intégrer le mobile money aux péages, c’est bien plus qu’un outil de confort. C’est un levier de modernisation de l’État, de réduction de la corruption liée aux espèces et d’amélioration de la transparence des recettes publiques. La Zambie avance. Et elle n’est probablement pas la dernière sur ce chemin.

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