Tanzanie : le numérique au service de l’horticulture

La Tanzanie franchit une nouvelle étape vers la digitalisation de son agriculture. L’Association horticole tanzanienne (TAHA) vient de lancer une plateforme innovante baptisée HortiMarket. Cette solution numérique connecte producteurs, acheteurs et exportateurs dans un espace digital unique. Elle vise à dynamiser un secteur clé pour l’économie du pays tout en favorisant l’inclusion des petits producteurs.

Le numérique, levier de croissance pour l’agriculture africaine

Les économies africaines intègrent progressivement les outils numériques dans leurs chaînes de valeur agricoles. Selon la GSMA, la digitalisation du secteur pourrait rapporter près d’un milliard de dollars à des pays comme la RDC ou le Ghana d’ici 2029.

La Tanzanie s’inscrit pleinement dans cette dynamique avec HortiMarket, qui met la technologie au service de la compétitivité.

HortiMarket : un guichet unique pour les acteurs du secteur

Lancée le 20 octobre 2025, la plateforme HortiMarket centralise les échanges de toute la filière horticole. Accessible via site web, application mobile, chatbot WhatsApp et code USSD, elle offre plusieurs canaux d’accès.

Cette diversité technologique garantit une meilleure inclusion numérique, notamment pour les producteurs sans smartphone. D’après Tanzania Invest, le portail vise à faciliter les transactions et à fluidifier la communication entre les acteurs.

Une réponse stratégique aux défis du marché

Depuis plusieurs années, l’horticulture tanzanienne souffre d’un accès limité aux marchés et aux données. HortiMarket apparaît comme une solution stratégique pour améliorer la visibilité des producteurs et la transparence des échanges.

Elle permet aux utilisateurs d’accéder à de nouvelles opportunités commerciales et de mieux coordonner les chaînes d’approvisionnement. Selon la TAHA, la plateforme renforcera la rentabilité et la compétitivité du commerce horticole local et international.

Une ambition tournée vers l’exportation

Le lancement d’HortiMarket s’inscrit dans une stratégie ambitieuse de croissance du secteur. En juin dernier, la TAHA annonçait vouloir porter les exportations de fruits et légumes à 2 milliards $ d’ici 2030.

Ce chiffre représente près de cinq fois la moyenne annuelle actuelle, estimée à 382 millions $ entre 2021 et 2024. Cette initiative pourrait ainsi renforcer la place du pays sur les marchés horticoles régionaux et mondiaux.

Un défi majeur : l’inclusion des petits producteurs

Le succès de la plateforme dépendra largement de la participation des 500 000 petits producteurs de la filière. L’un des enjeux clés sera de rendre l’outil accessible aux zones rurales, où l’usage d’Internet reste limité.

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 31,9 % des Tanzaniens disposent d’un accès Internet. Cette fracture numérique pourrait freiner l’adoption d’HortiMarket, surtout dans les zones où 60 % de la population vit de l’agriculture.

Vers une agriculture plus connectée et durable

Malgré ces défis, HortiMarket symbolise une avancée majeure pour la transformation digitale du secteur agricole tanzanien. En connectant les acteurs de la chaîne de valeur, la plateforme favorise la transparence, l’efficacité et la durabilité du commerce horticole.

Elle s’inscrit dans une vision plus large d’une économie agricole numérique, portée par les innovations locales et soutenue par des politiques publiques ambitieuses.

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